
Nous avons oublié qu’en août 2000, nous avons profondément modifié notre loi fondamentale tant les occasions de sa violation ne se comptent plus. Permettez que je rappelle à notre souvenir quelques articles de cette Constitution qui ne vous diront certainement plus rien. Il n’y a désormais plus de gouvernement pour s’y référer de temps en temps et nous donner le sentiment d’être un peuple, une nation. L’Article 2, alinéa 1, 3 et 4 du chapitre I du titre I relatif aux libertés et aux droits stipule : « 1-La personne humaine est sacrée. 3-Les droits de la personne humaine sont inviolables. Les autorités publiques ont l’obligation d’en assurer le respect, la protection et la promotion. 4-Toute sanction tendant à la privation de la vie humaine est interdite.»
Vous souvenez-vous de la dernière fois où l’actuel chef d’Etat s’est soucié du caractère sacré de la vie humaine en Côte d’ivoire ? L’Article 5 du même chapitre dit ceci : « La famille constitue la cellule de base de la société. L’État assure sa protection.» Dans le dernier licenciement des 1200 cadres de la SOTRA, au minimum 5 couples ont été mis à la rue. A l’article 10 alinéa 2 nous avons cette formule qui nous montre peut être la justesse de la politique de rattrapage : « Toute propagande ayant pour but ou pour effet de faire prévaloir un groupe social sur un autre, ou d’encourager la haine raciale ou religieuse est interdite.» Les deux derniers alinéas de l’article 22 du même chapitre nous enseignent que l’Etat de droit a fait place à un Etat d’exception depuis le 11 avril 2011 : « 1-Nul ne peut être arbitrairement détenu. 2-Tout prévenu est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie à la suite d’une procédure lui offrant les garanties indispensables à sa défense.»
Il n’est certainement pas le plus protecteur de nos libertés, mais il est certainement l’article de notre constitution dont la violation est la plus pernicieuse actuellement. L’alinéa 1 de l’article 12 dit : « Aucun Ivoirien ne peut être contraint à l’exil.» Non seulement ils vivent en exil, pis ils y meurent. Même par tous les euphémismes, on ne dira pas dans une totale indifférence du pouvoir public ivoirien. Fait comme des rats, les pro-Gbagbo sont tous victimes d’un plan diabolique d’extermination. Contraints à l’exil avec leurs comptes gelés, Dramane Ouattara sait qu’ils n’ont aucune chance d’échapper à la mort ainsi programmée.
Joseph Marat
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L’apocalypse
Il y a des Etats qui n’en sont pas. Il ne suffit pas que vous ayez quelqu’un qui se prévale du titre de chef d’Etat pour penser vivre dans un Etat. Quelqu’un a même eu la réaction appropriée en répondant à un autre qui s’inquiétait du fait que  Dramane Ouattara était en train de mettre le pays à sac : « on est déjà dans la m…, je me demande si les Ivoiriens retrouveront un véritable pays après le passage de Dramane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire.» Voilà une personnalité qui, après avoir animé les Programmes d’Ajustement Structurels au FMI, s’est découvert des talents de politicien capable de faire remonter un pays du gouffre! Enfermé dans l’univers du banquier, il a pensé qu’il lui suffisait de promettre des pluies de milliards pour que le peuple accourt.
Quand il s’est rendu compte que le matériel n’attire que les pauvres d’esprit et non la grande majorité des Ivoiriens dont la conscience politique est affirmée, il a alors choisi de les contraindre à défaut de convaincre. Et ceux qui hier ont fait le sale boulot pour la gloire du prince, en sont aujourd’hui résolus à faire du «pay yourself (paye toi, toi-même)» Les voilà , même en tant que FRCI, organiser ouvertement des attaques systématiques et dire à qui veut l’entendre que le régime leur doit et ne les paie pas. Ce qui s’est passé la semaine dernière à Azaguié n’est rien d’autre qu’une marche de la descente aux enfers des Ivoiriens. Parce que le temps est venu de payer à notre nouvelle “Force Républicaine de Côte d’Ivoire” le prix de “notre choix” politique. Si Dramane Ouattara, comme un véritable politique, avait été soucieux du bien être du peuple ivoirien, on lui aurait fait la morale. Mais hélas, mille fois hélas !
Joseph Marat



