
Tout se précise pour le départ de Soro à la Haye. La France qui milite désormais pour son transfèrement a mis presqu’en garde, certains Présidents de la sousrégion, les empêchant ainsi d’offrir l’asile à un chef de guerre qui lui est proche. Seul dans sa suite du Golf Hôtel où il s’est établi depuis plusieurs années, sur conseils et assistance de la France, Soro est à  coup sûr, en proie à de profondes amertumes. Il se rappellera peut-être Dieu qu’on découvre dans les moments difficiles.
Mais il se rappellera aussi, et sûrement, les propos de son ami Blé Goudé, qui lui disait toujours qu’il sert d’instrument à  la France qui veut faire mains basses sur les richesses de la Côte d’Ivoire. Blé Goudé n’est plus là sur ordre aussi de la France. Soro désormais au pouvoir, découvre le vrai visage de cette même France qui l’avait hissé hier au rang de jeune combattant «robins des bois. » En fait, le tout puissant Secrétaire général des Forces nouvelles qui avait déplacé dans son maquis de Bouaké, Dominique de villepin en ce moment patron du Quai d’Orsay, se rend finalement à l’évidence qu’il n’était qu’un simple pion qu’on déplaçait dans la mafia qui attaque son pays. Reçu avec pompe et faste dans les grands salons africains et européens, il se voyait très vite roi, sans être pourtant sur la liste des prédestinés. Il croyait avoir aussi la Côte d’Ivoire à ses pieds, au point de se permettre toutes sortes de dérapages toujours maquillés avec l’appui des médias français.
Les pires crimes commis à  Bouaké, les massacres et les viols collectifs des populations à  l’ouest, laissaient totalement l’homme indifférent. En se donnant l’illusion d’avoir un droit de vie ou de mort sur tous ceux qui ne marchent pas dans la même direction que lui. L’idée était bien simple. «Tant que la France avec moi, on ne met fera rien.» C’est même ce qui justifie la sortie de son livre, «Pourquoi je suis devenu rebelle.» Un patchwork d’absurdités qui a reçu la bénédiction hypocrite de Paris qui savait ce qu’elle cherchait, dans ce bourbier ivoirien qu’elle a fabriqué à dessein, avec des ingrédients ethno-religieux. C’est cette même France qui veut aujourd’-hui se donner une bonne conscience après avoir accompli le crime parfait en Côte d’Ivoire.
Paris qui porte à bout de bras, le pouvoir ivoirien, sait que Soro a avec lui une armée peuplée et championne des exactions. Soro n’est pas aussi le Président Gbagbo qui est victime d’un complot. Et qui bénéficie de ce fait, du soutien d’une grande partie des opinions tant en Occident qu’en Afrique. Sur quoi comptait alors Soro ? Evidemment, les soutiens de Ouattara et la France. Alors que tous ces soutiens le lâchent au moment où il a le plus besoin d’eux, dans cette bataille contre la justice internationale. C’est donc la mort presque dans l’âme qu’il menace, s’abritant derrière cette armée de pillards. «Les gens pensent que je suis n’importe quel Premier ministre. Moi, j’ai une armée avec moi.» Aurait-il confié à ses proches qui croient encore en un éventuel secours providentiel. Presqu’un aveu d’impuissance, parce qu’il connaît les limites de cette armée derrière laquelle il se cache. Et la France qui a couvert cette bande armée aujourd’hui étiquetée Frci, a déjà donné le ton dans sa nouvelle guerre contre ses propres créatures.
En fait, la Côte d’Ivoire se trouve de pleins pieds, dans un film de science fiction qui ferait carton au box-office. Paris a laissé des consignes très claires à certains présidents de la sous-région qui se permettraient de recevoir et d’offrir l’asile à des chefs de guerre proches de la branche Soro. «Ce Président va finir comme Kadhafi, menace la France.» Précise une source diplomatique à Abidjan. Paris veut dans cette affaire, éviter une situation similaire au cas Hissen Abré, l’ancien Président Tchadien que Wade protège à  Dakar. Cette menace vise bien le Président Compaoré qui régente le Burkina depuis plusieurs années. On le sait très lié à tous les chefs de guerre qui ont endeuillé la Côte d’Ivoire. Qu’ils soient pro-Ouattara ou pro-Soro, ils ont pour Mecque, la capitale burkinabé, ou se trouve la plus grande fabrique de déstabilisateurs des pays voisins. La France qui s’attend au clash entre le père et le fils a déjà  mobilisé ses hommes pour protéger son pouvoir. Ils sont au total, 300. Et le schéma est très clair. Il s’agit de commencer par couper les racines à Soro Guillaume. Ce sont donc les chefs de guerre qui lui sont proches, à commencer par Wattao qui seront mis aux arrêts. Puis suivra Soro qui sera cueilli comme un fruit mûr. Toute cette panoplie de schémas se dessine avec l’acquiescement de Ouattara qui visiblement, n’a pas le choix. Le redéploiement à Bouaké de la Police militaire dirigée par Koné Zaccaria obéit à  cette logique. Dans les normes, c’est lui qui devait précéder Soro à la Cpi. Mais Ouattara et la France en ont décidé autrement en inversant les rôles.
Officiellement, Zaccaria est à  Bouaké pour lutter contre le grand banditisme qui sévit pourtant à Abidjan. La vérité est qu’il y est pour suivre de près, les mouvements des hommes de Soro Gullaume qui est désormais dans son collimateur. Car la consigne que la France laisse à  Ouattara est sans ambigüité. «Soro et certains chefs de guerre seront pris de gré ou de force», laissent entendre les grandes oreilles parisiennes qui sont en territoire conquis au bord de la lagune Ebrié. Ouattara qui devait revenir hier de sa unième ballade parisienne annone un Conseil des ministres. Peut-être que pour cette fois, il attirera le regard des Ivoiriens qui sont pourtant indifférents au pouvoir Ouattara. Ce sera juste pour savoir dans quel état se trouve Soro Guillaume. Et pas plus. Le pouvoir tentera sûrement à son tour de sauver la face, avant le grand show, en affichant une union trompeuse. Mais il y a une chose qui est vraie. Entre Soro et son maître, la guerre est désormais déclarée.
Guehi Brence
Source: Le Temps




VOUS SAVEZ CHERS AMIS. SORO FAIT PARTIE DES PARTISANS DU MOINDRE EFFORT. IL PENSE QUE LA VIE EST AUSSI SIMPLE ET FACILE COMME IL LE PENSE. IL Y A UN ADAGE QUI DIT LES ENFANTS SAVENT COURIR MAIS NE SAVENT PAS SE CACHER. C'EST LE CAS DE "M.ROBIN DES BOIS"