
De nombreuses femmes d’ethnie Godié ont manifesté récemment devant le camp des Frci à Niambézaria pour réclamer la libération de plusieurs jeunes autochtones godié, considérés par le pouvoir Ouattara comme étant des mercenaires à la solde de Gbagbo et actuellement détenus à Abidjan où ils sont l’objet d’atroces tortures.
«Libérez nos enfants ! Libérez nos enfants! Nos enfants ne sont pas des mercenaires !Libérez-les ! Trop, c’est trop !». L’ambiance était lourde récemment à Niambézaria, dans le département de Lakota, où scandant des slogans hostiles aux Frci (forces pro-Ouattara), les populations autochtones godié composées de nombreuses femmes, de jeunes gens et de vieilles personnes venus des villages de Gagoué, Goberi, Tagoberi, Kokolilié, Lobogrou etc. ont manifesté avec bruyamment dans les rues de Niambézaria et devant le camp des Frci pour exiger la libération de plusieurs jeunes arrêtés injustement, il y a peu, par les forces pro-Ouattara au niveau du corridor de Niambézaria.
Déjà, le lundi 13 février 2012, de nombreuses femmes badigeonnées de kaolin et de charbon, et tenant des branchages, ont marché sur le camp des Frci où elles ont exigé du «commandant» Koné, le départ de la région des forces ProOuattara. La raison? Une dizaine de jeunes gens originaires de la région dont Bridji Elvis Socratès, Dago Douzo, Zéhi Gnago Séraphin , Gogbo Stéphane, Ogba Landry, Dédo Boubli Nicolas, Gnakpa Lobognon, Dégri Gnawa, ont été enlevés depuis quelques jours par les Frci basées à Niambézaria.
Les jeunes gens ont été sauvagement battus avant d’être transférés à Abidjan où Ils sont actuellement détenus dans les locaux de la Garde républicaine. Ces jeunes seraient, selon les Frci, des mercenaires pro-Gbagbo recrutés dans la région pour déstabiliser le régime Ouattara . L’affaire qui défraie actuellement l a chronique dans toute la région a naturellement provoqué un déplacement massif des populations autochtones vers la brousse. Fuyant les exactions des Frci. Selon des habitants de Niambézaria, les éléments des Frci se sont adonnés à une véritable chasse à l’homme marquée par des arrestations abusives de jeunes gens de la région.
Arrestations arbitraires tous azimuts
Sur tous les tronçons de Sassandra à Lakota, c’est la terreur ! Partout, les éléments des Frci ligotent et battent à sang tous ceux qui portent des scarifications sur leur corps. Même si celles-ci datent de longtemps «Gbogo Stéphane, originaire de Gnago, est venu à des funérailles à Niambézaria quand il a été arrêté. Tout comme Dégri Gnawa Guilllaume qui était en partance pour une plantation d e Kokolilié. Ce n’est pas normal», soutient une source jointe à Niambézaria. Selon des responsables du Rdr approchés, les jeunes gens auraient été pris en compagnie d’un féticheur en pleine préparation mystique en vue de la déstabilisation du pouvoir Ouattara à partir de la région de Lakota. «C’est faux, nos enfants ont été enlevés pour rien. Ils ne sont pas des mercenaires. Seulement, à cause de ce que les populations autochtones Godié, depuis plusieurs mois, sont victimes de nombreux crimes et autres exactions de la part des Frci et d’autres individus armés, les jeunes de la région ont décidé de faire appel à un féticheur pour les rendre invulnérables aux balles de fusils et autres coups de machette. C’est tout. Les jeunes de chez nous ne préparent aucune rébellion armée. Ils n’ont aucun camp d’entrainement», affirme un habitant de Niambézaria.
La torture pour arracher des aveux
Avant d’ajouter que «les Frci sèment la terreur ici depuis la chute du Président Gbagbo.Ne sachant plus où aller, les jeunes ont préféré rester dans la région et se protéger contre les Frci et les dozos à la gâchette très facile. Le féticheur leur a donc fait des scarifications aux poignets et à plusieurs autres endroits du corps. Sachez que chez nous ici, nous avons peur. Ce sont plus de 200 Godié que les Frci ont déjà tués». Ces jeunes gens portaient-ils des armes au moment de leur arrestation? Des témoins que nous avons joints récusent ces allégations qu’ils qualifient d’imaginaires. «Ils ont été torturés en vue de les obliger à dire qu’ils sont des mercenaires à la solde de Gbagbo dans la région. On les torture chaque jour. Depuis la Bae à la Garde républicaine en passant la Dst, on les oblige à mentir. Mais nos enfants ne sont pas des mercenaires. D’ailleurs, il n ’ y a j a m a i s e u d’échanges de coups de feu entre les Frci et nos jeunes, contrairement à ce qui a écrit dans un journal de la place. C’est à la suite d’informations fausses que ces jeunes gens ont été arrêtés sur la route alors qu’ils accompagnaient leur féticheur qui retournait tranquillement à Divo où il habite régulièremen», ajoutent nos sources qui précisent que les soi-disant aveux des jeunes gens et du féticheur ont été arrachés sous l’effet de la torture. «On les torture et les oblige à dire qu’ils sont des mercenaires de Gbagbo», martèle une source militaire qui a requis l’anonymat.
Ibo Cheick Oumar
Source: Notre Voie




À quand la véritable paix dans ce pays ?