Pour tous ceux qui ont suivi la crise ivoirienne, il est claire que la chaîne française France 24 a fait preuve, sans aucune retenue, d’un parti pris criard pour le camp Ouattara. C’est pourquoi, il est quelque peu surprenant de voir cette même chaîne de télévision publier aujourd’hui des réportages sur les actrocités commises par le camp Ouattara contre les pro-gbagbo à Abobo pendant la crise post-électorale. Quoiqu’on puisse aisément remarquer que France 24 s’abstient d’accuser directement Ouattara, préférant montrer du doigt l’ex-chef du commando invisible, nul n’est dupe pour comprendre l’essentiel du message de France 24 qui est le suivant: “les africains sont de véritables barbares … pour qui les autres peuples ne doivent jamais avoir de la considération … Voyez ce dont ils sont capables“.
Ainsi, après plusieurs mois de retentions d’information capitales pour comprendre les abus de droit de l’homme dont étaient coupables les hommes de Ouattara, France 24 n’a pas résisté à la tentation d’exercer une forme de pression à l’allure de chantage vis à vis du camp Ouattara, pour le compte certainement des autorités francaises. Ci-dessous les images cruelles de la barbaries du camp Ouattara que la France, les USA et Choi ont voulu mettre sous le boisseau.
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L’équipe des Observateurs de FRANCE 24 a récupéré et vérifié une série de vidéos qui montre le lynchage de miliciens supposés de Laurent Gbagbo en mars dernier dans la commune d’Abobo à Abidjan. Ce sont les premières images authentifiées d’un acte de barbarie commis pendant la crise ivoirienne contre des personnes soupçonnées d’être des partisans de l’ancien président.
ATTENTION CES IMAGES SONT CHOQUANTES
Ces images ont été tournées début mars au centre d’Abobo, près de la gendarmerie. Cette commune était le théâtre depuis près de deux mois d’affrontements entre les forces de l’ancien président Laurent Gbagbo et des éléments du “commando invisible” qui soutenaient le nouveau président Alassane Ouattara.
Sur cette image, un pro-gbagbo brûlé vif avec des pneus
Lorsque ce lynchage a été commis, la commune d’Abobo venait de passer sous le contrôle du commando invisible. La plupart des membres de Forces de défense et de sécurité (FDS) de Laurent Gbagbo avaient déjà fui la zone. Des barrages avaient été mis en place par la population pour contrôler l’accès à la commune et pour empêcher les miliciens restant encore dans le périmètre de s’enfuir. Les voitures quittant la zone étaient donc fouillées minutieusement.
FRANCE 24 a pu recueillir les témoignages de personnes qui ont assisté à ce lynchage. Voici ce qu’ils nous ont raconté.
Les trois hommes que l’on voit sur ces vidéos tentaient de quitter Abobo en taxi, mais ils ont été arrêtés à un barrage. Les personnes qui les fouillaient auraient trouvé sur eux un cahier comportant des photos sur lesquelles ont les voyait parader en tenue de milicien pro-Gbagbo.
Une fois ce cahier découvert, les choses sont allées très vite. Ils ont d’abord été déshabillés et assis sur le pavé. Sur l’une des vidéos, on entend la foule les accuser d’être des miliciens. Les trois jeunes hommes imploraient qu’on les relâche.
Les miliciens supposés ont ensuite été tabassés, puis brûlés dans des pneus. D’après les témoins de la scène, ils étaient toutefois déjà morts lorsqu’ils ont été aspergés d’essence.
Nos contacts à Abobo affirment que d’autres lynchages ont été commis à cette période dans leur commune. L’ONG Human Rights Watch avait rapporté, après la prise d’Abidjan, de nombreuses exécutions et actes de tortures commis contre des personnes soupçonnées de soutenir Laurent Gbagbo. Aucune image de ces exactions n’avaient toutefois pu être authentifiées par des médias.
Des actes de barbarie similaires commis par des miliciens de Laurent Gbagbo contre des supporters supposés d’Alassane Ouattara ont déjà été documentés sur le site des Observateurs de FRANCE 24. Laurent Gbagbo, soupçonné de crimes contre l’humanité, est d’ailleurs actuellement détenu par la Cour pénale internationale.
Une enquête de Julien Pain et Ségolène Malterre, journalistes à France 24.
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