Le chef du gouvernement séjourne, depuis hier, dans la région du Worodougou, en vue du regroupement des Fafn.
Des informations avaient fait état, la veille de l’arrivée du Premier ministre Guillaume Soro à Séguela, de ce que commandant de la zone militaire 5, le Cdt Koné Zakaria était en déplacement sans préciser où exactement. Mais son retour avait été annoncé pour vendredi matin afin d’accueillir le secrétaire général des Forces nouvelles et Premier ministre, Guillaume Kigbafori Soro. Mais surprise, le Com’zone Koné Zakaria ne s’est présenté ni à l’accueil de la délégation ni à la rencontre que le chef du gouvernement a eue avec les populations près du Centre culturel Madégbê. Aucune explication n’a non plus justifié cette absence surprenante de Koné Zakaria.
Cependant, dans son allocution, plusieurs séquences ont permis de se rendre compte de la position du chef du gouvernement. Le Premier ministre a non seulement désavoué son compagnon, mais il a aussi, montré qu’il était engagé dans la voie de la sortie de crise de manière irréversible. Notamment en dénonçant l’état désastreux de la voirie de Séguela à la suite du maire, du piteux état de l’ex- hôtel Sietho, de la persistance du racket, de la mauvaise gestion des recettes municipales et de la nécessité d’aller au désarmement qui passe par le regroupement des ex-combattants de Kani aujourd’hui. En somme, une gestion catastrophique de la cité. «Même s’il n’avait pas parlé de la voirie (le maire), j’allais moi-même en parler parce qu’à Séguéla, il n’y a plus de routes. Les chauffeurs sont obligés maintenant de choisir le trou dans lequel ils vont tomber. Ce n’est pas possible. C’est donc un vrai problème. C’est dommage que depuis toutes ces années, rien n’a été fait dans ce sens. Mais, M. le maire, très rapidement, nous allons réagir à cela, essayer de reprofiler celles qui peuvent l’être et de refaire celles qui doivent l’être.” En attendant des actions urgentes dans ce secteur, Guillaume Soro a décidé de prendre une décision immédiate qui permettra de soutenir les actions du gouvernement, notamment la rétrocession de la gestion de mairie aux élus. “Vous avez parlé, à voix basse des taxes de la municipalité. Je vous remercie, mais je demande au général Bakayoko (ndlr: chef d’état-major des FAFN) de faire une réunion avec les militaires et de donner la mairie au maire, avec les taxes et autres. Redonnez-les lui pour qu’il travaille parce qu’un maire est le premier pôle de développement”. Interpellé également par le président du Conseil général de Séguela, sur la situation de l’ex-hôtel Sietho, le chef du gouvernement a instruit le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, qui est membre de sa délégation, de faire procéder à sa réhabilitation immédiate afin de préparer aisément la visite d’Etat que le Président Gbagbo effectuera dans la région. Pour les autres préoccupations soulevées par le président du Conseil général, Dosso Losseni, le Premier ministre a promis d’y répondre lorsqu’il aura reçu le livre blanc. Ces doléances ont trait à 6 sujets. A savoir : l’agriculture, les routes, la santé, l’éducation, l’électrification et l’hydraulique villageoise. Le chef du gouvernement, qui a reçu le soutien pour le processus de paix engagé avec l’APO et les bénédictions des populations à travers leurs porte-parole, le maire Amadou Soumahoro, le président du Conseil général, l’Imam et la chefferie traditionnelle, a promis d’y revenir pour évoquer d’autres sujets aussi importants. Il a, cependant, tenu à exprimer sa gratitude aux populations pour son engagement depuis le début de la crise et exprimé le voeu de toujours bénéficier de leurs bénédictions jusqu’aux élections qui marquera la fin de la crise. A ces remerciements, il joint le corps préfectoral qu’il a félicité pour avoir bravé les difficultés de tous ordres pour aller représenter l’Etat dans les zones CNO. Il a demandé aux FAFN, à la chefferie traditionnelle et à l’ensemble de la population de collaborer sincèrement avec lui pour le succès de sa mission. Justement sur la question des élections, le chef du gouvernement a lancé un appel tant aux Ivoiriens qu’aux Africains en vue de la maîtrise du phénomène électoral qui ne doit pas faire peur, mais procurer la joie (...) Nous sommes à quelques mois des élections. Ce sont les élections qui permettront de relancer le développement. Parce que si les élections se déroulent dans de bonnes conditions, les nouvelles institutions vont travailler nécessairement au développement du pays. Je suis venu vous inviter à nous accompagner dans le processus de sortie de crise. Je suis venu demander aux Forces armées des Forces nouvelles de faire aussi des progrès dans la sortie de crise. C’est là que se trouve le salut de notre pays. Je suis venu aussi parce que l’ai remarqué que quand je viens à Séguéla, je pars avec une bonne nouvelle. Je suis venu en 2006, quand je suis parti, de secrétaire général des Forces nouvelles, je suis devenu Premier ministre. Donc je viens en 2008, si je si je pars, je veux que les élections réussissent. C’est vraiment important, il faut que l’Afrique réussisse à maîtriser le mécanisme électoral. Il faut que l’Afrique réussisse à maîtriser les élections parce que maintenant quand on dit élections dans un pays, c’est toujours la peur. Même si le pays est stable, même s’il a une longue tradition de démocratie. Voilà un pays comme le Kenya qui était réputé stable. Après les élections, le pays a explosé.”, a-t-il déploré (...) Tout le corps préfectoral conduit par le préfet de région Fofana Ibrahima et les chefs de service ainsi que l’ensemble des élus de la région étaient tous à l’accueil. |
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