| Ecrit par Soir Info,
le 01-04-2008 07:35
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Publié dans : Nationale, Economie |
Les populations qui manifestaient, hier, à Cocody contre la cherté de la vie ont été bombardées de gaz lacrymogène par les Forces de l’ordre. Créant ainsi de sérieuses perturbations de la circulation. S’il n’a pas été déploré de perte en vie humaine ni dégat de matériel majeur ni de blessé au moment où nous quittions les lieux, il faut dire que le front social était en ébullition. En effet, arrivé à Cocody à 11 heures, il a été donné à notre équipe de reportage de constater, dans les environs de la Radio Télévision Ivoirienne (RTI), la présence des Forces de défense et de sécurité. Sur l’axe Saint Jean-RTI, habituellement très animé, par les taxis compteurs, taxis communaux et autres véhicules, la circulation est au ralenti. Par endroits, l’on a observé des barricades enflammés sur cette voie publique.
Des barrages érigés par des jeunes gens, visiblement en colère, sont encore perceptibles. Le cap mis sur le quartier Cocody-Mermoz, en passant par l’Inades-formation, nous permet de rencontrer des femmes et des jeunes très remontés contre les Force de l’ordre. « En très peu de temps, tout a augmenté sur le marché. Le kilogramme de viande qu’on payait à 1200 francs Cfa est passé subitement à 2000 francs, le savon, le riz, l’huile, on ne peut plus rien acheter sur le marché. Les salaires n’augment pas. On a même l’impression que les salaires diminuent chaque mois », s’est indignée K A. M, enseignante. En outre, elle voulait savoir pourquoi tant de « mépris des populations ». « On veut qu’on nous dise ce qui se passe », a t-elle ajouté. Pendant ce temps, devant le Collège Mermoz, des policiers tirent des grenades lacrymogènes sur d’autres manifestants. L’atmosphère surchauffée de ce lieu nous amène à nous diriger vers l’allocodrome de Cocody. Là également, des femmes visiblement très remontées, tiennent tête aux Forces de défense et de sécurité : « On a faim. Vous, vous ne mangez pas, vos femmes et vos enfants n’ont pas de problèmes. Nous, on veut manger... ». Tels sont les propos qu’elles leur adressaient. Mme A. ne se retient pas. Elle évoque les mêmes raisons liées à la cherté de la vie en citant les denrées inaccessibles sur le marché et notamment les coûts qui sont passés, en si peu de temps, « du simple au double ». Et de lâcher la gorge nouée par l’émotion : « Avec tout cela, on parle et puis les policiers viennent lancer du gaz sur les gens ». Puis d’ajouter : « Demain matin, on est là ». Dame E. A. I., commerçante à l’allocodrôme de Cocody, meneuse du mouvement, apporte de l’eau au moulin des premières. « C’est pas normal que les denrées de premières nécessités augmentent comme ça et personne ne réagit. Vraiment, ils n’ont qu’à trouver une solution », s’est elle contentée de dire, non sans inviter ses camarades à faire un sit in devant la RTI. La réaction des agents des Forces de l’ordre a été sans management face à leur entreprise. La débandade était totale. Ainsi des bûchers sont-ils à nouveau enflammés par les manifestants. Il était 13 heures 36. Ainsi la commune du maire Gomont Jean-Baptiste a-t-elle été sérieusement secouée hier. Joint au téléphone, Cocody, Touré Al Moustapha, président du mouvement de consommateurs dénommé Syconuci, a dit que les lundi 7 et mardi 8 avril seront décrétés Abidjan ville morte. Il a ajouté par ailleurs, qu’aujourd’hui (mardi 1er avril 2008), Cocody sera totalement paralysée. Le pire est donc à craindre. |
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