| Ecrit par Soir Info,
le 25-03-2008 07:35
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Publié dans : Nationale, Politique |
Laurent Gbagbo a exprimé, dimanche 23 mars 2008, à Béoumi (430 km au nord d’Abidjan), sa volonté de mettre en place un nouveau gouvernement ’’homogène’’ afin de participer effectivement au développement de la Côte d’Ivoire : « Le Premier ministre et moi-même sommes déterminés à organiser les élections. Parce que, gouverner comme on le fait aujourd’hui, c’est très difficile. Quand tu fais un conseil des ministres où un conseil de gouvernement, tu ne sais pas où ton ministre est passé avant d’arriver. Et tu ne sais pas après où il va. Je veux mettre fin au mic mac », a-t-il averti, soulignant la nécessité d’aller rapidement à des élections. Le chef de l’Etat a fait cette déclaration à la faveur de la célébration de la fête de pâques à Béoumi, localité anciennement occupée par l’ex-rébellion des Forces nouvelles (Fn). « Les gens ont tellement peur d’aller aux élections que tout est devenu compliqué. C’est pour cela n’a pas encore fait les élections.
Ce n’est ni le Premier ministre ni le Président de la République qui freine. Mais ce sont les Institutions, les instances accumulées que la paix a fait créer qui font qu’on roule doucement. Parce qu’il faut que celui qui est battu le soit bien et qu’il aille s’asseoir », a souligné M. Gbagbo, qui en a profité pour mettre en garde ceux qui tenteraient de ’’faire comme au Kenya’’. Des élus et cadres du Pdci-rda du département de Béoumi ont boycotté la visite du président Gbagbo. Le délégué départemental, Vincent Bandama N’Gatta, le président du Conseil général de la localité et bien d’autres cadres de l’ancien parti au pouvoir, ont tous brillé par leur absence. Le chef de l’Etat, accompagné, notammement, de son épouse, Simone Ehivet Gbagbo et du Premier ministre Guillaume Soro, a fustigé l’attitude de ces cadres du Pdci absents de la cérémonie. M. Gbagbo a pris en exemple le député Guessend, un cadre Pdci, avec qui il avait eu des débats houleux alors qu’il était député à l’Assemblée nationale. Mais qui, malgré cette situation, a bien voulu être présent à Béoumi. « Souvent, nous disons que les blancs sont développés et nous, non. Or le pourquoi de notre sous-développement se trouve en nous (...) », a-t-il fait remarquer. Le chef de l’Etat a dénoncé le fait que ses adversaires politiques considèrent sa visite à Béoumi comme étant une campagne électorale : « Il y a des gens qui disent que si Gbagbo va à Ando-Krékrenou, c’est qu’il est déjà en campagne. Et ça fait quoi ? Les gens se donnent des problèmes qui n’existent pas. Moi, quand j’étais dans l’opposition, vous (Pdci) étiez au pouvoir, vous alliez chez moi. Je mobilisais la population de chez moi et je disais sortez et applaudissez, le président de la Côte d’Ivoire arrive. Je n’ai jamais dis que vous étiez en campagne. Quel homme politique n’est pas en campagne tous les jours ? », a-t-il interrogé. Et le chef de l’Etat d’ajouter : " Il faut laisser ceux là s’égarer (...) C’est pas bien ce qu’ils font’’. Nous sommes des Noirs, les Noirs n’aiment pas quand c’est clair. Si Gbagbo gagne les élections ça fait quoi ? Vous êtes restés au pouvoir durant 40 ans’’ a indiqué Gbagbo aux élus et cadres Pdci qui ont boycotté le ’’Paquinou de Béoumi’’. Parlant de l’accord politique de Ouagadougou, le chef de l’Etat a estimé que ’’l’accord de Ouagadougou avance’’ et par conséquent, ’’la guerre est finie’’. Il fonde cet espoir sur le fait qu’aujourd’hui, on ne parle plus de la mort, mais plutôt de la vie, car, a-t-il soutenu, ’’qui parle de campagne électorale parle de la vie. Qui parle de guerre parle de mort’’. Aussi, dans la perspective de la reconstruction nationale, a-t-il demandé à l’ensemble des Ivoiriens d’éviter de s’apitoyer sur leur sort. L’essentiel aujourd’hui, selon lui, est de trouver les voies et moyens afin de s’en sortir à l’image de l’Italie, de l’Allemagne qui, après des périodes difficiles de leur histoire, ont réussi par le courage à enclencher un essor économique. « Je vous demande de vous réarmer pour qu’on retourne à la bataille. Je vous demande de vous réarmer pour qu’on retourne à la lutte. Pour qu’on retrouve le chemin de l’effort qu’on gagne de l’argent et qu’on répare tout ce qui a été gâté. N’oubliez jamais les Allemands, Japonais et Italiens (...) L’Allemagne est devenu le pays le plus puissant de l’Europe. L’Allemagne était un pays doublement vaincu, dévasté, divisé. Aujourd’hui, l’Allemagne est l’une des premières puissances du monde », a-t-il expliqué. « Je suis venu vous parler un langage de courage, je suis venu en ce jour de pâques vous parler un langage de résurrection. La Côte d’Ivoire doit être ressuscitée par ses fils », a-t-il dit aux habitants de Béoumi. S’agissant des doléances, le chef de l’Etat a rassuré les populations qu’il reviendra à Béoumi dans le cadre des tournées qu’il effectue depuis quelque temps sur l’ensemble du territoire. A cet titre, a-t-il indiqué, après l’ouest, il compte revenir dans la vallée du Bandama. « A mon arrivée, je vous donnerai les réponses », a-t-il promis. Quand au porte-parole des populations de Ando-Krékrenou le colonel des douanes Amani Oka, il a exprimé la gratitude des populations au chef de l’Etat d’avoir accepté de venir dans leur localité. Notons que le ministre de la Défense, Michel Amani N’Guessan, cheville ouvrière de cette visite du chef de l’Etat à Béoumi, a rassuré le chef de l’Etat et son épouse sur son ferme engagement à aider les populations dans le sens de la réconciliation et de la paix. |
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