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Enfin la vérité sur la période des élections

Ecrit par L'Inter, le 07-03-2008 08:06

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Publié dans : Nationale, Politique


Mercredi, au cours d’une cérémonie pour la signature de convention entre son département ministériel et le programme national de réinsertion et de réhabilitation communautaire (PNRRC), le ministre Dosso Moussa n’a pu retenir sa langue pour confirmer ce qui, jusque là, se murmure dans l’opinion ivoirienne. Comme poussé par une force irrésistible, ou, devoir de franchise oblige, il a osé franchir le pas en annonçant à l’opinion pour la période 2010, la fin éventuelle du processus de sortie de crise en cours, censé se conclure par l’organisation des élections. S’opposant à tout ‘’schéma expéditif de sortie de crise’’, le ministre de l’Enseignement technique, cadre des Forces nouvelles, a soutenu, presque à l’échappée à propos du processus de paix : « Pour moi, c’est un programme qui doit s’étendre sur au minimum dix ans.
Il doit aller au-delà de ceux qui ont signé l’accord. Il doit se poursuivre, même au delà de notre mission qui ira, je dirai, jusqu’en...2010 ». Ainsi, aussi clairement, Dosso Moussa amène-t-il tous les regards à se tourner davantage vers le lointain, c’est-à-dire dans au moins deux autres années pour espérer voir la fin de la crise ivoirienne. Mais, à la vérité, ces propos du ministre des Forces nouvelles ne font que corroborer le fait déjà établi par son leader, Guillaume Soro, qui le lendemain de sa nomination à la Primature, avait déjà annoncé les couleurs. A la veille de la flamme de la paix à Bouaké, le 29 juillet dernier, le Premier ministre prévenait, dans une interview solennelle accordée à la télévision ivoirienne, qu’il n’entendait aucunement inscrire son action ‘’dans le fétichisme des dates’’. Autrement, pour Soro, il lui fallait se donner tout le temps nécessaire pour réussir sa mission. N’en déplaise à ceux qui se borneraient à le juger sur l’échéance de 10 mois que lui avait fixé le premier Accord de Ouaga. La preuve, il continue de structurer les organisations politiques de femmes ainsi que des jeunes, qui, à l’issue de séminaires successifs tenus récemment à Grand-Bassam sur fonds de la Primature, ont accouché de résolutions allant au delà du temps prévus par les Accords en vigueur actuellement. L’échéance du premier accord forclos, n’a-t-il pas suffi aux signataires, en accord avec le Facilitateur, Blaise Compaoré, de trouver une parade pour proroger les délais à juin 2008 ? Lequel délai n’est plus en passe de se tenir et à partir duquel le président, Laurent Gbagbo vient d’en rajouter à l’option de son chef de gouvernement. A la question d’un confrère à qui il a accordé une interview, de savoir si les élections vont se tenir en juin, le chef de l’Exécutif ivoirien s’est montré tout aussi clair que son ex-adversaire devenu son premier collaborateur, à la Primature. « On travaille pour qu’on les (Ndlr : les élections) fasse en juin 2008, mais si on ne les fait pas en juin 2008, c’est pas la mort. (...). Juin 2008, c’est la date que nous avons fixée et sur laquelle nous travaillons, mais si nous arrivons à juin 2008 et on constate une semaine avant qu’on n’a pas fini, on dira aux Ivoiriens qu’on n’a pas fini et puis c’est tout. Ça ce n’est pas le problème ». Ainsi dit, Gbagbo et Soro affichent leur intention de prendre le temps qu’il leur plaira pour conduire leur mission, sans pression aucune, émanant ni des accords conclus, ni d’une quelconque autre source que lesdits accords qui constituent leur principale boussole. Toutefois, si la volonté de bien sortir de la crise sous-tend leur option, dans le fond, il ne déplait tout de même pas aux deux ex-protagonistes qui embouchent la même trompette aujourd’hui, de profiter du temps qu’ils auraient encore à passer à la tête de l’Exécutif ivoirien. Même si cela n’est pas fait pour plaire au peuple ivoirien.

   
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