| Ecrit par L'Inter,
le 29-02-2008 10:10
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Publié dans : Nationale, Politique |
En effet, hier jeudi 28 février, au parquet militaire les victimes ont été reçues par le commissaire du gouvernement, M. Ange Kessi Kouamé qui avait à ses côtés, le juge Cissé Losseni, chargé du dossier du bombardement de Bouaké et des événements du 24 novembre 2004. La délégation des victimes de la Licorne était conduite par M. Akoun Martial, vice-président, représentant pour la circonstance son président Kpanhi Koffi. Cette rencontre a servi de prétexte à M. Ange Kessi et au juge Cissé Losseni pour donner les raisons du blocage des procédures. Selon le procureur militaire, ce blocage se justifie par "le refus de la France de coopérer avec les tribunaux ivoiriens". Poursuivant, il a aussi dénoncé "une politisation de l’affaire". "Nous avons toutes les dépositions des victimes, nos rapports d’autopsie. Nous avons un dossier complet au regard du droit. Malheureusement, nous ne pouvons pas nous substituer aux autorités françaises. Raison de plus pour que les procédures soient au statu quo", a regretté le juge Cissé Losseni.
Dans ses explications, il a est allé plus loin : "Nous avons émis des commissions rogatoires internationales à nos homologues de la France pour avoir certains renseignements dans le cadre des enquêtes, mais nous nous sommes butés presque au refus catégorique non seulement des autorités judiciaires, mais aussi de l’Etat français qui nous a solennellement répondu que compte tenu de leur sécurité et la souveraineté de l’Etat français, ils ne peuvent pas coopérer avec notre juridiction dans le cadre de notre commission rogatoire.", s’est-il indigné. Puis il ajoutera : "Et donc faute de coopération, notre investigation est bloquée. Le comble, c’est le tribunal militaire de Paris qui est compétent pour engager la poursuite des mis en cause dans les événements de novembre 2004 (...) Nous avons demandé un certain nombre de documents qu’ils refusent de nous donner. Ils nous ont fait parvenir un message pour dire que pour des raisons de sécurité nationale, ils gardent un certain nombre d’informations sur eux ", dira plus loin le juge. Avant de poursuivre. " A leur tour, ils nous demandent de coopérer par rapport à des enquêtes qu’ils ont eu au niveau des juridictions d’Abidjan. Plaisanterie de mauvais goût Cela frise la plaisanterie de mauvais goût parce qu’on ne peut pas nous demander de donner ce qu’il nous refuse", a martelé le juge Cissé Losseni. A la vérité , " l’affaire est devenue compliquée parce qu’elle n’est plus que judiciaire, c’est ça la difficulté. Elle est devenue bien plus beaucoup plus politique que judiciaire.", s’est indigné Ange Kessi. "Car quand il s’agit de venir en terre ivoirienne pour demander notre collaboration, retrouver ceux qui ont tué Mahé à Man, Guy André Kieffer, de juger les Ivoiriens qui ont tué les soldats français nous acceptons de coopérer. A preuve pour ces affaires citées plus haut, nous l’avons fait avec célérité. C’est le cas du procès de Jean Helène. Il n’y a pas un pays en dehors de la Côte d’Ivoire qui peut juger de façon aussi rapide une affaire en temps de guerre...", note écœuré, M. Kessi. Avant d’avancer, " nous allons les coincer. S’agissant des tueries survenus à l’hôtel ivoire, si on découvre que les soldats qui étaient au 6ème étage ne font pas partie de la Licorne et qu’ils seraient venus de la France rien que pour tuer, nous avons les compétences pour les arrêter. Pour l’heure nous demandons au juge français de nous produire l’autopsie des neuf (9) soldats tués lors du bombardement du cantonnement français à Bouaké...", a affirmé le juge militaire. |
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