| Ecrit par 24 Heures,
le 06-02-2008 07:36
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Publié dans : Nationale, Politique |
Réapparition pour le Sergent-chef Ibrahim Coulibaly. Dans cette interview diffusée le vendredi 1er février aux environ de 17 heures sur AFRICA N° 1, l’ancien exilé militaire ivoirien au Bénin revient longuement sur la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire. Tout en revenant sur le rôle de Blaise Compaoré et de la France dans la crise ivoirienne, Ibrahim Coulibaly n’en garde pas moins une dent contre ses ex-compagnons des Forces Nouvelles mais également contre certains leaders ivoiriens qu’il trouve mal placés pour esquisser des plans de sortie de crise.
Comment expliquez-vous cette volte face de Blaise Compaoré ? C’est le président voisin direct de la Côte d’Ivoire et au début de la guerre, on l’accusait d’être le responsable qui était à la base de la rébellion. C’est bien si aujourd’hui le président Laurent Gbagbo a trouvé mieux aujourd’hui d’aller le voir pour lui demander d’intervenir dans la recherche d’une solution à la crise. Ce n’est pas une mauvaise chose. Moi, je pense que ce qui peut aider le président Blaise Compaoré de sa position, c’est de faire en sorte que tous ceux qui sont impliqués soient associés. Les Accords de Ouaga ne sont pas une mauvaise chose comme je l’ai toujours dit. Mais il faut que ces Accords soient basés sur la réalité. Il faut que ces Accords regroupent tous les fils de la Côte d’Ivoire qui se sentent concernés par cette crise. Il faut qu’on les fasse asseoir sur la même table de discussion. Il ne faut pas faire de la discrimination en choisissant deux ou trois personnes pour aller discuter. Il faut q’on se dise la vérité. Hier, j’écoutais la télévision et j’ai vu le président Bédié et le président Alassane Ouattara. J’ai même vu les autres, notamment le président Gbagbo. Mais le président Bédié, soyons réaliste : en regardant la gestion de ses six ans de pouvoir, c’est cela qui nous a amenés dans tout ça aujourd’hui. Q’on dise que ce sont eux qui doivent aller régler le problème de cette nouvelles crise, là, je dis non. Ce ne sont pas eux qui ont pris les armes le 19 septembre 2002. Ce n’est pas le RDR ni Alassane Ouattara qui a pris les armes le 19 septembre. Eux, ils étaient déjà là. Ils étaient déjà dans le gouvernement en 2004. Ils avaient accepté malgré que les données n’étaient pas crédibles, ils avaient accepté les conditions. Que ce soit eux qui vont aujourd’hui s’asseoir autours d’une table pour décider, là, c’est une erreur. C’est nous qui avons décidé de prendre les armes (…). Il faut rendre hommage à la France. A un moment de la crise, sans la France, je vous le jure, nous sérions plongés dans une crise sans précédent. Il allait avoir une répétition du génocide du Rwanda. Rapidement, la France s’est interposée, a empêché les fils du pays de s’entretuer effectivement. Je rends donc hommage à la France, je salue aujourd’hui un pays frère comme la France qui nous a aidés à ne pas aller trop loin dans la déchirure. Malheureusement, la France n’a pas été comprise dans la suite de la crise. A un moment donné, elle était même devenue l’ennemie publique numéro un du pouvoir en place. Rappelez-vous comment les ressortissants français ont été humiliés. Rappelez-vous comment l’ancien Premier ministre a été humilié. C’est pour vous dire que les ivoiriens ont été manipulés contre la France. Ce n’est pas parce que le peuple a été pris en otage ou que les gens sont négatifs. C’est parce qu’il y a des jeunes désœuvrés, qui ne travaillent pas, qui n’ont rien à manger, à qui des individus sont allés proposer 5000 ou 10.000 F en leur disant de sortir, sinon les blancs vont encore les coloniser. Leurs actions étaient donc normales. Il ne faut donc pas leur en vouloir mais plutôt leur expliquer la vérité. Il faut les rééduquer. Il faut leur dire « ce qu’on vous a dit, ce n’est pas ça » et leur donner la vraie version de l’intervention de la France. La France a joué son rôle et jusqu’aujourd’hui, elle continue de jouer son rôle mais, c’est vrai, elle ne peut pas être partout parce que malgré sa présence et celle de l’ONUCI, il continue d’avoir des exactions dans le Nord et dans l’Ouest, voire à Abidjan. Mais il faut saluer le fait que la France nous ait empêchés d’avoir un bain de sang, la France nous a aidés à retrouver cette petite stabilité et ce petit calme que nous avons en ce moment. Avec la reprise de votre procès, est-ce que vous regrettez le fait que la justice ne soit pas toujours des plus exemplaires ?Est-ce que vous regrettez la retraite de Jacques Chirac ? Ecoutez, je n’avais pas de rapports directs avec le président Jacques Chirac. Il n’y avait rien de particulier entre le président Chirac et moi. Donc, son départ n’a pas été négatif tout comme ce départ n’a pas provoqué quelque chose de positif dans ma vie. Je ne regrette pas son départ parce que pour moi, il y a eu un procès qui a été intenté contre moi et si je suis coupable de quelque chose, je n’aurais pas pu quitter la France par l’aéroport, en toute liberté. Cela veut quelque part dire que mon dossier était vide. Si aujourd’hui le dossier est rouvert, mes avocats s’en occuperont. Ils verront ce qui se passe. Mais déjà, je ne vois pas la crédibilité de cette instruction, puisque je ne vois pas ce que ce dossier peut bien contenir. En Côte d’Ivoire, on veut aller à la paix et moi, je suis inscrit totalement dans une démarche de réconciliation nationale en créant un parti politique. Les armes sont donc derrière moi. Je veux maintenant expliquer aux ivoiriens ce qui m’a amené à prendre les armes. Mais ça, je pense qu’il ont commencé à le comprendre. Maintenant, je veux davantage parler au nom des ivoiriens sur le plan politique, défendre les sans voix, dire les choses que les autres n’osent pas dire. En ce qui concerne le dossier judiciaire, je suis donc serein parce que je ne me reproche rien. On vous présente comme un putschiste qui rêve de faire des coups d’Etat. Et lorsque vous annoncez votre retour comme en octobre dernier, on brandi le spectre de la violence. Ce qui vous amène toujours à différer votre retour… Je ne voulais surtout pas que nous parlions de cette affaire parce que, moi, je suis très petit dans la vie ivoirienne. Mais je vais vous dire une chose. On me traite de putschiste, on me traite comme celui qui veut faire des coups d’Etat. Il y en a même qui me traite de peureux. On me présente comme tout, mais au fond, les uns et les autres savent qui je suis. Je ne suis pas un putschiste parce que je ne suis pas né avec les armes. Je ne suis pas un putschiste. Je revendique le droit des ivoiriens, je revendique la vérité, je revendique le respect et l’unité des ivoiriens. Est-ce que cela est un mal ? J’ai un devoir de défendre ceux qui ne sont pas capables de parler, ceux qui ne sont pas capables de se défendre. J’ai fais de tout cela un devoir parce que j’aime mon pays comme eux ils disent aimer leur pays. La Côte d’Ivoire dont je rêve, c’est la Côte d’Ivoire d’antan, la Côte d’Ivoire du temps d’Houphouët-Boigny. Dans la Côte d’Ivoire du temps d’Houphouët-Boigny, on ne savait pas qui était ivoirien et qui était étranger. Je pense que si nous voulons créer un Etat démocratique, un Etat transparent, il faut que l’impunité soit bannie, il faut que la lumière soit faite sur tous les dossiers avant de parler d’un procès ou d’un mandat d’arrêt contre IB. Ce n’est pas ce que les ivoiriens recherchent. Ce qu’ils recherchent, c’est la paix, l’égalité, l’amour et la rigueur dans la gestion des affaires de l’Etat. |
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Houphoet et la France sont des Passe.
Ecrit par: Calabeto Costa (Invité) le 29-02-2008 14:53