| Ecrit par FratMat,
le 28-01-2008 20:13
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Publié dans : Nationale, Politique |
L’opération de regroupement des ex-combattants lancée le 22 décembre 2007 a pris fin du côté des FDS après un mois. Le 3e Accord complémentaire à l’Accord politique de Ouagadougou signé le 29 novembre 2007 avait défini un nouveau chronogramme de mise en œuvre du processus de paix. Celui-ci avait notamment recommandé que le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion soit réactivé, en particulier en réalisant le programme de regroupement des ex-combattants et le démantèlement, la démobilisation et la réinsertion des milices symbolisant la fin de la guerre. Faisant siennes ces décisions arrêtées par les cosignataires de l’Accord, le Président Laurent Gbagbo et le Premier ministre Guillaume Kigbafori Soro, les Forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire (FDS-CI) et les Forces armées des Forces nouvelles (FAFN) sous le commandement des généraux de division Philippe Mangou et de brigade Soumaïla Bakayoko ont sensibilisé leurs troupes en vue du respect des décisions prises. Ainsi, le 22 décembre 2007, le Président Gbagbo et le chef du gouvernement ont présidé au lancement officiel de l’opération de désengagement des troupes de ligne de front. A Tiébissou pour les FDS-CI qui ont été regroupées à Yamoussoukro et à Djébonoua pour les FAFN qui ont replié à Bouaké.
A l’heure du bilan, un mois après ce démarrage, on constate deux tableaux diamétralement opposés. Si du côté de l’armée régulière, le chronogramme initial a été respecté, du côté de l’ex-rébellion, c’est le statu quo. Non seulement aucun chronogramme de regroupement n’a été communiqué officiellement, mais pis aucun progrès concret n’est observé sur le terrain. De quoi inquiéter le ministre de la Défense, Michel N’Guessan Amani qui a donc profité de la dernière étape de désengagement des troupes des FDS-CI à Sassandra, le 24 janvier, pour interpeller les responsables militaires des Forces nouvelles en vue du respect des engagements librement pris. «Si l’on se bat à deux, on fait la paix à deux. Or, au moment où nous célébrons, ici, la fin du regroupement des FDS Côte d’Ivoire, en face, dans la zone des Forces nouvelles, beaucoup reste à faire pour convaincre les Ivoiriens de la fin définitive de l’état de belligérance. Je saisis donc cette occasion, pour lancer un appel aux Forces armées des Forces nouvelles à aller, très rapidement, à l’application intégrale des Accords de Ouagadougou étant entendu que les conditions de leur regroupement ont été adoptées consensuellement et demeurent réalisables», a soutenu le ministre de la Défense (Cf. le J.T. RTI du 26 janvier). Ce message a été délivré à Sassandra en présence des autorités administratives et politiques, de la population mais aussi des officiers généraux, supérieurs de toutes les forces présentes sur le territoire dont les forces impartiales (ONUCI et Licorne). Le regroupement de l’armée régulière a débuté, après la phase officielle de Tiébissou, par la localité de M’Bahiakro qui constitue le groupement centre, le 3 janvier. Le lendemain, ce fut le tour de Bouaflé qui abrite le sous-groupement tactique centre-ouest 2. Le 10 janvier, le général Philippe Mangou et ses collaborateurs ont mis le cap sur Abengourou, dans la partie est du pays, où sont basés les éléments du sous-groupement 3. Puis le 17 janvier, c’était l’étape de Toulepleu, dans la région du Moyen-Cavally. Sassandra, situé dans le sud-ouest du pays a achevé la tournée. Les localités de repli des troupes préalablement définies ont été rigoureusement respectées. Les éléments de M’Bahiakro se sont rendus à Daoukro, ceux de Bouaflé à Daloa, ceux d’Abengourou à Bondoukou, ceux de Toulepleu à Guiglo et ceux de Sassandra à San Pedro. «24 janvier 2008. Les Forces de défense et de sécurité, par ma voix, officiellement, M. le ministre de la Défense, vous rendent compte de la fin de leur regroupement» avait alors conclu le CEMA. Au terme de l’opération, l’état-major des Fanci devrait regrouper environ 5.000 soldats qui retournent ainsi en caserne. La séparation entre l’armée et sa population ne s’est pas déroulée sans douleur. Cinq ans passés ensemble, cela laisse des souvenirs inoubliables. Les populations sont surtout reconnaissants à leur armée pour avoir défendues, protégées et rassurées au moment où la peur, la panique et le désespoir s’étaient emparés du peuple. Les élus et les autorités préfectorales ont su traduire leur gratitude au moment où les soldats embarquaient à bord de leurs cargos militaires avec leurs armes. De son côté, le chef d’état-major des Fanci, le général de division Philippe Mangou a, à chacune des étapes du regroupement, exprimé la reconnaissance de ses hommes aux populations hôtes tout en présentant ses excuses pour toutes les erreurs commises depuis leur installation en 2002. |
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