Suite aux publications les Lundi 1er et Mardi 2 Octobre 2007 des articles intitulés “Les vérités crues de Djédjé Mady à ses parents” et “ La Côte d’Ivoire est allée droit dans le mur parce que Gbagbo n’a pas appris à gérer un pays “ lus dans le Nouveau Réveil, je voudrais humblement par le bias de votre rédaction faire la mise au point qui suit. Mais avant, permettez-moi de me présenter à vos lecteurs: je m’appelle Simplice GBIO, originaire du canton Yokolo et militant FPI résidant à Londres. C’est donc à ces deux titres que j’interviens dans ces colonnes. Je m’excuse beaucoup auprès de vos lecteurs si le “je” parais un peu personnel. Je les invite à voir plutôt quelqu’un qui veut rendre un témoignage sur les agissements peu orthodoxes du Sécrétaire Général du PDCI RDA derrière les rideaux. En effet, j’ai une satisfaction personnelle par rapport au retour dans le canton Yokolo de Djédjé Mady Alphonse. Pour la simple raison que le ciel n’est pas tombé sur lui à Saioua pendant le meeting géant du PDCI. Lui qui, à chacun de ses rares déplacements dans sa région natale depuis le déclanchement de la crise se faisait accompagner par la force Licorne pour sa sécurité. Qui lui en voulait tant? A Yokolo, les gens ont d’autres chats à fouetter que d’attenter à la vie de quelqu’un dont l’avenir politique se trouve déjà dans le passé.
Qu’ont-ils exactement dit, Djédjé Mady et Ouassénan Koné, à Saioua? A ce propos, rappelons quelques bouts de phrases transcrits par les journalistes Jean Prisca et Jules Claver Aka du Nouveau Reveil. De Mady, Jean Prisca rapporte ceci et je cite: “C’est le PDCI qui a créé l’école gratuite. Certains d’entre vous ont eu des plantations de cacao avec les bourses du Président Houphouet….Quand vous plantiez dans le temps,…., chacun touchait par mois 30 000 F CFA par hectare de cacao pour entretenir sa plantation…Quel est le planteur, après 7 ans, qui a eu sa retraite? Personne”. De Ouassénan Koné, Jules Claver Aka écrit: “Aujourd’hui tout le monde le sait, la Côte d’Ivoire est allée droit dans le mur….Cela est dû tout simplement à l’orgueil et à la prétention. Qui ont empêché les refondateurs à apprendre à gérer un pays…..Quand Félix Houphouet-Boigny a constaté que Laurent Gbagbo et ses camarades voulaient faire de la politique, il les a invités à entrer au gouvernement pour apprendre à gérer. Malheureusement, ils ont refusé”. Des analyses puériles sur fond de mensonges grotesques Sous quels cieux des planteurs de cacao recevaient cette subvention pour entretenir leurs plantations? Peut-être à Gazéhio, le village natal de Mady. Sans sourciller, il parle des bourses d’Houphouet qui ont servi à créer des plantations de cacao pour certains. Donc Houphouet était égal à l’état de Côte d’Ivoire. Le disant, était-ce un auto-satisfécit ou tout simplement un constat d’échec? Mady n’ignore pas qu’une bourse sert à financer les besoins de première nécessité de l’élève ou de l’étudiant. Ceux qui en faisaient un autre usage étaient très mal informés et l’ancien ministre devrait s’en plaindre, au lieu de citer cela comme une prouesse. Mais Alphonse ne s’est pas arrêté à cette hérésie. Son commentaire qu’il fait de la situation des planteurs qui ne sont pas allés à la retraite après sept ans est un raccourci intellectuel. Oublie-t-il qu’une retraite n’est pas une promotion sociale que l’on décrète du jour au lendemain, mais plutôt la continuité d’un régime d’activités au cours duquel le retraité aura régulièrement contribué aux opérations fiscales? En Côte d’Ivoire, les planteurs ne font pas encore partie de cette catégorie de travailleurs et c’est justement l’un des soucis du Front Populaire Ivoirien qui a prévu dans son programme de gouvernement de les réorganiser. Et cela passe par une sensibilisation très accrue pour que ces planteurs dont la grande majorité est analphabète, puissent adhérer à l’idée. Même si la guerre ne devrait pas être un prétexte comme le dit Djédjé Mady, sept ans, c’est trop juste pour changer les mentalités d’un peuple qui a été endoctriné pendant quarante ans par le régime dictatorial du PDCI RDA: le parti-Etat dont le préposé aux bésognes sordides s’érige ici en donneur de leçons. Gaston Ouassénan Koné, c’est de lui qu’il s’agit, n’a vraiment pas de scrupule. Le bourreau des Guébié, en 1970 sous Houphouet, celui qui se rendit célèbre en 1995 en exerçant des sévices corporels sur la personne du Pr. Aboudramane Sangaré, devrait quotidiennement louer Dieu afin qu’il puisse permettre à Laurent Gbagbo de se pérenniser au pouvoir. Au lieu de jeter l’opprobre sur le FPI et son Leader. Sinon sans le vouloir, Ouassénan a rendu un vibrant hommage à Laurent Gbagbo pendant le meeting de saioua: c’est un homme qui a du caractère, refus de s’allier à Houphouët Boigny, un homme intègre qui ne s’est pas laissé emporter par les espèces sonnantes et trébuchantes de ce dernier.
Yokolo avait déjà dit non au PDCI RDA avant même la création du FPI
Pour ceux qui connaissent bien le centre-ouest de la Côte d’ivoire, le canton Yokolo est cette vaste région forestière comprise entre les villes d’Issia au nord et de Guibéroua au sud, limitée á l’ouest par l’axe routier Dignango-Issia et à l’est par la ceinture Ouragahio-Sinfra. En 1960, alors que la campagne électorale pour choisir le premier Président de la Répulique de Côte d’Ivoire battait son plein, la délégation du PDCI-RDA conduite par un certain Koblan Huberson pour courtiser les Yokuha (habitants de Yokolo) a été huée et lapidée. Les malheureux paysans, qui avaient encore en mémoire les tristes épisodes de l'esclavage et de la colonisation, voulaient appartenir à un parti politique qui préconise la rupture avec le colon et qui affirme la liberté rétrouvée de l’Homme noir. Pour eux, le PDCI-RDA n’était qu’un instrument que la France voulait utiliser pour achever le pillage des ressources de la Côte d’Ivoire. Tout simplement pour dire à Mady que Yokolo n’est pas au FPI par filiation ethnico-tribale, mais plutôt par conviction. Houphouët quant à lui a vu cet acte comme une outrecuidance de la part de l’une des plus petites régions Bété, là où les autres contrées comme Issia, Daloa, même Ouragahio ne se sont pas fait prier pour rallier le PDCI-RDA. La sentence fut sans embage. Yokolo, grande zone productrice de cacao, de café et de bois, fut exclue du programme d’urbanisation du PDCI-RDA. Aucune route d’accès ne permet le transport de ces produits de rente vers les autres villes. Même pour aller de Saioua à Sinfra, il faut transiter par Gagnoa. La stratégie était d’affamer l’adversaire par l’isolement dans le but de le pousser à la reddition
Quand Djédjé Mady, l’ancien élève du Collège Catholique de Daloa, devint Ministre de la Santé Publique en 1983, via la Présidence du Mouvement des Elèves et Etudiants de Côte d’Ivoire (MEECI), avec comme cerise sur le gâteau l’érection de Saioua en Sous-préfecture et l’ouverture d’une route bitumée Sinfra-Saioua-Issia sortie du néant la même année, Yokolo a semblé baisser la garde, surtout qu’en terme d’opposition, rien ne se profilait à l’horizon, Houphouët ayant décidé de réduire toute contestation au silence absolu. Le décor était donc bien planté pour que quelques zélés dont l’existence ne signifiait plus rien sans Mady, reprennent en chœur la fameuse phrase d’Houphouët: “ Mady vous a sortis du trou”, comme si les gens de ce canton n’avaient pas aussi le droit à la modernité. Malheureusement pour le PDCI et son Président, cette trêve ne sera que de courte durée, à cause de la méchanceté, l’égoïsme et l’arrogance de Mady.
Mady comme Houphouët
L’humilité précède la gloire, disent les chanteurs abidjanais du Couper-Décaler. A cette formule toute simple, on pourrait opposer celle aussi toute simple qui suit: l’arrogance précède la déchéance. Et cela, Djédjé Mady l’a appris à ses dépends. En effet, en Septembre 1989, lorsque le nom de Mady ne figurait pas sur la liste du dernier gouvernement d’Houphouët Boigny, ça n’avait surpris personne à Yokolo. Parce que l’individu s’était rendu impopulaire par son comportement hautain. Il avait mis sur pied une sorte de Dynastie à Yokolo: après avoir cumulé les deux postes électifs, Député et Maire, il confia le Secrétariat Général local du PDCI à son cousin Lago Tapé Henry. A Saioua-village, son oncle Zabla Ferdinand occupait le poste de Président central des comités PDCI de la Sous-Préfecture, ce qui d’amblée plaçait ce dernier au rang de Chef Traditionnel Suprême de la région. Ce triumvirat ainsi constitué faisait bien des misères dans tous les domaines à Saioua: foncier rural, affaires civiles, sportives ou culturelles…Malheur à celui qui lui est opposé. A titre d’exemple, Mady a ordonné la destruction de plantations de cacao à Grand-Nahio pour faire place au site du village de Zézahio, alors que ce dernier était appelé à rejoindre le village de Dakodérahio.
Tous les dictons et proverbes bété avaient été redéfinis pour convenir au portrait-robot de Djédjé Mady. Quand le journaliste Jean Prisca interprète le nom Mady comme mady ou la panthère, l’incarnation de la terreur, l’intéressé a dû s’en réjouir. Pourtant ce même attribut, il l’avait déjà refusé à une autre occasion, non sans humilier l’artiste qui ne voulait simplement que lui rendre un hommage à travers le langage mythique et codé du tambour parleur. Djédjé Mady intima l’ordre à feu Yao Kouakou, le tambourineur, d’arrêter son tam-tam. Car lui n’est pas mady gby, la panthère; il est plutôt un homme de paix, un rassembleur. Côté élites de Yokolo, le trafic d’influence obligeait la plupart des cadres à se soumettre à son dictat.
Au total, Yokolo présentait l’image d’un petit royaume oú Djédjé Mady régnait en Roi, avec pour capitale Gazéhio. L’objectif de ce cirque était de faire croire à son Père spirituel que tout le canton était au PDCI-RDA. L’individu a même précipité sa chute en entretenant le suspens sur une folle rumeur relative à sa filiation paternelle. D’aucuns disaient de lui qu’il était le fils d’un certain Gadou, originaire de Gagnoa. Vrai ou faux? Toujours est-il que l’équivoque n’a jamais été levée et nul doute que cette affaire de deux pères, additionnée à une autre non moins importante de scanners de son Ministère détournés vers le Maroc aura pesé lourd dans la balance lors du remaniement ministériel de septembre 1989. Sur le terrain de football de Saioua, le PDCI-RDA a davantage perdu du terrain D’après les comptes-rendus de Jules Claver Aka et de Jean Prisca, Ouassénan et Mady ont axé leurs discours sur le passé de Feu Félix Houphouët Boigny sans réellement dire aux Yokuha ce que Konan Bédié, le candidat déclaré, leur propose. Est-ce à dire qu’ils vont ramener Houphouet en vie pour l’opposer à Laurent Gbagbo? Un Laurent Gbagbo à qui on attribue injustement les causes de la crise qu’a connue la Côte d’Ivoire ces cinq dernières années.
A mon humble avis, c’est plutôt la liberté d’expression instaurée par le régime FPI dès sa prise du pouvoir, quoi de plus normal pour la démocratie, qui est à la base de ce désordre. La presse dite d’opposition abuse de cette liberté pour servir au peuple ivoirien des morceaux choisis insurrectionnels: souvenez-vous du numéro du quotidien “Le Patriote” qui coupait la carte de la Côte d’Ivoire en deux, avant même que la rébellion ne s’installa dans la partie nord du pays, et tout récemment de certains journaux qui souhaitaient que l’ONU mette la Côte d’Ivoire sous-tutelle.
Là où les régimes du PDCI ( Houphouët ou Bédié) incarcéraient les syndicalistes grévistes (cas des Laurent Gbagbo, Akoun Laurent, Blé Goudé, Soro Guillaume...), Laurent Gbagbo offre des tables de discussion: “ assoyons-nous et discutons “. Pour quelqu’un qui veut rendre notre pays économiquement indépendant, qui a remis au peuple ivoirien et le pouvoir d’achat (libéralisation des secteurs de production) et le pouvoir politique (libre choix des Représentants du peuple), Djédjé Mady et Ouassénan trouvent à redire. C’était la première fois que des élections organisées par un parti politique au pouvoir soient remportées par l’opposition en Côte d’Ivoire: législatives et municipales de 2000 remportées respectivement par le PDCI et le RDR. Houphouët a gagné toutes les élections qu’il a organisées de son vivant. Aujourd’hui, on parle de Commission Electorale Indépendante (CEI), quand, jusqu’en 1995, l’organisation de toutes élections en Côte d’Ivoire était exclusivement réservée au ministère de l’intérieur. Le PDCI était l’adepte du népotisme, du favoritisme et de la corruption: les trois grandes régies financières (douanes, impôts et trésor) étaient occupées par des proches d’Houphouët. Laurent Gbagbo a préféré l’appel à candidatures pour pourvoir à ces postes. L’exploitation anarchique de nos forêts, aidée en cela par une loi-fantôme, “ la terre appartient à celui qui la met en valeur”, aujourd’hui source de conflits fonciers, accélère la désertification de notre pays. Quoi de plus encore? La liste serait très longue.
En conclusion, la crise que traverse le pays n’est que l’effet boumerang de la gestion catastrophique du pouvoir d’Etat par le PDCI-RDA et la jalousie suscitée par les résultats de deux années de pouvoir FPI. S’il réussissait son projet de société, Laurent Gbagbo deviendrait un mauvais exemple pour les autres pays africains vis-à-vis de la France. Il fallait donc créer une situation de troubles dans le pays pour empêcher le FPI d’appliquer son programme de refondation. Voilà d’où est venue cette guerre. Il ne sera jamais assez de le re-écrire car les ennemis de la Côte d’Ivoire continueront de faire porter le chapeau de cette crise socio-politique au FPI.
A Zimin (c’est le nom de charme de Mady), je dirais tout simplement qu’on peut être Ministre, Membre influent de son Parti Politique et vivre en parfaite harmonie avec ses parents. Deux des fils de Yokolo sont actuellement des ministres de l’Etat de Côte d’Ivoire, et non des moindres: Antoine Bohoun Bouabré, Ministre d’Etat, chargé du Plan, concepteur des budgets dits “sécurisé” et “d’assainissement ”qui ont suscité la jalousie des ennemis de la Côte d’Ivoire, Président du Conseil Général d’Issia, et Désiré Tagro Asségnini, Ministre de la sécurité et de l’intérieur, artisan du Dialogue Direct pour le compte de la République libre de Côte d’Ivoire. Ils avaient mille et une raisons de vouloir aussi tout bouleverser à leur passage dans la région. Mais là n’est pas le sens de leur mission. Bohoun Bouabré a construit en tout et pour tout une modeste résidence à Saioua-ville, quand Djédjé Mady avait commencé la construction d’un édifice pharaonique avec piscine au 3ème étage, à Gazéhio, peu avant sa chute. Ce parallèle est très important en ce sens qu’il permet de revenir sur le volet “gabégie” dont on accuse le pouvoir FPI. N’oublions pas que les ivoiriens ont vécu pendant une quarantaine d’années dans un système où la morale n’était pas le maître-mot et que le FPI n’est pas venu au pouvoir avec des ivoiriens qui sont arrivés tout fraîchement d’une autre planète. Ce n’est donc pas surprenant que des gens soient encore trempés dans ces pratiques moyenâgeuses. Le développement d’un pays passe nécessairement par le changement des mentalités car chaque citoyen à son niveau a des devoirs vis-à-vis de l’Etat. Donnons donc la chance à la Côte d’ivoire de se développer à travers la refondation. Simplice GBIO Responsable à la formation politique de la section FPI “ La Différence “de Londres, Royaume-Uni
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Au sujet de votre texte
Ecrit par: SOKOFANI (Invité) le 20-11-2007 06:10